Sur la pointe nord de l’Ille-et-Vilaine, à quelques dizaines de kilomètres du célèbre Mont-Saint-Michel, Saint-Malo s’élève, protégée par ses remparts et fortifications qui confèrent à la ville une silhouette inimitable. Durant plus de deux siècles, la cité malouine s’est imposée comme la plus grande cité corsaire du monde, une histoire qui remplit ses habitants de fierté et lui colle encore à la peau.

Le berceau de Jacques Cartier

Enfant du pays, c’est à Saint-Malo que le navigateur, explorateur et écrivain voit le jour, en 1491. Et c’est du port de sa ville natale que celui à qui l’on doit notamment l’apparition du golfe du Saint-Laurent sur les représentations du globe, partira pour un long périple qui le mènera à la découverte du Canada. Une fois la route ouverte, les armateurs malouins l’exploiteront des années durant, assurant ainsi la fortune de la ville. Parallèlement, entre les XVIe et le XVIIIe siècle, de nombreux corsaires élurent domicile à Saint-Malo. Mandatés par le roi de France, ils partent alors à l’assaut des mers et dévalisent les navires anglais, espagnols ou hollandais, le fruit de leurs pillages permettant notamment de renflouer les caisses du royaume.

À l’abri des remparts

De cette faste période, Saint-Malo conserve des maisons en granit érigées par les corsaires, ainsi qu’une ville fortifiée qui vaut le détour. Le meilleur moyen d’en apprécier toute la richesse consiste à parcourir les quelque 1 754 mètres de remparts encerclant la vieille ville. La balade permet d’admirer d’un côté les rues étroites et pavées de la cité malouine, de l’autre ses plages et son port. Le chemin de ronde offre ainsi des panoramas incroyables ainsi qu’une vue exceptionnelle sur l’estuaire et l’élégante station balnéaire de Dinard. À marée basse, quand l’eau tire sa révérence, les îles du Grand Bé et du Petit Bé se dévoilent à leur tour et paraissent à portée de main. Sur la première, une croix porte l’inscription « un grand écrivain français a voulu reposer ici pour n’entendre que la mer et le vent ». C’est là que François-René de Chateaubriand a choisi de reposer, à quelques dizaines de mètres de l’île sur laquelle Vauban fit ériger une forteresse, aujourd’hui classée monument historique.

Bien que réputée comme l’une des plus belles destinations balnéaires de l’hexagone, Saint-Malo n’a jamais tourné le dos à ses origines corsaires. La cité malouine accueille d’ailleurs la Route du Rhum et la transat Québec/Saint-Malo, ainsi que le festival « Étonnants voyageurs », placé chaque année sous le signe de l’ouverture au monde.