Pierres angulaires des civilisations, mythes et légendes ont été transmis de génération en génération, devenant, au fil des siècles, de véritables héritages culturels. Á Toulouse, il est un récit que chaque habitant connaît sur le bout des doigts : celle de l’or toulousain. Retour sur la folle histoire de l’« aurum tolosanum », selon l’expression latine.

Un trésor antique...

Tout commence en 279 av. J.C., quand les Tectosages, premier peuple gaulois connu dans la région occitane, se lance dans sa Grande Expédition, une vaste entreprise militaire visant les Balkans, la Grèce et la Turquie. Sur place, ces derniers pillent le temple d'Apollon à Delphes, emportant avec eux près de 70 tonnes d’or et d’objets précieux. De retour sur les terres de celle qui deviendra la ville rose, les guerriers sont décimés par une épidémie. Considéré comme maudit, le trésor est alors jeté dans un lac afin de protéger les habitants du courroux divin. Mais c’était sans compter sur le consul Cépion. Censé rétablir l’ordre à Toulouse, alors en pleine rébellion contre le pouvoir romain, ce dernier fait expédier le trésor à Rome. C’est alors qu’il disparaît mystérieusement. Accusé de vol, l’homme d’État est contraint à l’exil et se réfugie à Izmir, en Turquie. Il n’en fallait pas moins pour que naisse la légende de l’or de Toulouse.

… enfoui sous la basilique

Si certaines pièces sont exposées au musée Saint-Raymond de Toulouse, à quelques mètres du célèbre Capitole, personne n’a jamais remis la main sur l’intégralité du magot. Des rumeurs prétendent que le reste reposerait au fond d’un lac situé… sous la basilique Saint-Germain et que celle-ci aurait été construite sur pilotis. Au cours de l’Histoire, plusieurs témoignages viennent corroborer cette thèse, à grands renforts de récits relatant des fouilles. Pourtant, en 1942, l'historien Clément Tournier rétablit la vérité. Aucun lac souterrain à l’horizon, juste des nappes phréatiques inondées. Mais la légende est tenace et aujourd’hui encore, certains persistent à croire que l’or de Toulouse est bel et bien enfoui sous l’édifice religieux.