Avec près de 40 millions d’hectares de forêts, le Mozambique dispose d’un précieux patrimoine naturel. Pourtant, l’exploitation de ce dernier ne cesse de croître mettant en péril l’écosystème du pays. Pour lutter contre la déforestation, l’ONG Nitidæ, qui oeuvre en faveur de la préservation de l’environnement et de la vitalité des économies locales, a ainsi initié un programme dont le but est de protéger l’un des joyaux nationaux : la réserve nationale de Gilé.

Au secours d’un trésor

Située au nord du Mozambique, dans la province de Zambézie, la réserve nationale de Gilé s’étend sur 210 000 hectares. Couverte de forêts de Miombo, une savane boisée typique de l’Afrique centrale et septentrionale, cette dernière a longtemps été réputée pour la richesse de sa faune. En particulier ses rhinocéros noirs, espèce particulièrement menacée. Toutefois, suite aux conflits internes qui ont ébranlé le pays et à l’intensification des activités humaines, celle-ci est mise à mal. Depuis 2009, la Fondation Internationale pour la Gestion de la Faune, en accord avec le Ministère de la Terre, de l'Environnement et du Développement Rural du Mozambique, s’attache ainsi à revaloriser la réserve nationale de Gilé. Outre la lutte contre le braconnage et la réintroduction d’espèces animales, celle-ci s’est également associée à l’ONG Nitidæ, qui, elle, forme les populations locales à la gestion des ressources naturelles.

L’agriculture durable : meilleur allié de la réserve de Gilé

Plus de 10 000 personnes vivent aux abords de la réserve nationale de Gilé. Une population grandissante qui, contrainte de subvenir à ses besoins, n’hésite pas à raser des arbres pour créer des champs de plantation. Une solution qui nuit à la biodiversité et accélère le changement climatique puisque les forêts absorbent le dioxyde de carbone. Pour enrayer ce phénomène, l’association Nitidæ dispense aux habitants des conseils en matière d’agro-écologie afin de produire plus mais mieux. Quelles plantes faire pousser sur quel type de sol, comment fertiliser le sol avec les végétaux, comment lutter contre la sécheresse ou encore quelles plantes associer entre elles pour ne pas épuiser les sels minéraux, autant de questions avec lesquelles les populations se familiarisent. Une agriculture à l’écoute de son environnement dont la réserve de Gilé récoltera bientôt les fruits.