Plus grande ville du Pays Basque espagnol, Bilbao a longtemps été délaissée au profit de sa voisine, la douce San Sebastián. Celle que l’on surnommait « la déprimante » attire pourtant, aujourd’hui, des visiteurs férus d’art, de design et de culture. Un renversement de situation que la cité doit à la construction de son monument le plus emblématique : le musée Guggenheim. Explications.

« L’effet Guggenheim »

En 1997, un gigantesque vaisseau de verre, de titane et d’acier, à la silhouette déstructurée, prend place dans une friche industrielle, sur les berges du fleuves Nervion : le musée Guggenheim, fruit d’une alliance avec la fondation de son homologue américain. Avec ce bâtiment futuriste, imaginé par le célèbre architecte Frank Gehry, Bilbao affiche ses ambitions : redorer son blason aux yeux des visiteurs en retrouvant toute son attractivité. Un pari réussi puisque ce temple de l’art moderne insuffle un vent de renouveau dans les rues de la ville. Alors que cette dernière regagne peu à peu en popularité, elle s’empresse de réitérer l’expérience, se dotant d’oeuvres et de bâtiments hors du commun. Résultat, une vingtaine d’années plus tard, l’ancienne cité sinistrée s’est transformée en un haut lieu de créativité qui attire, chaque année, plus d’un million de personnes. Une mutation saluée par de nombreux prix, dont celui du meilleur projet urbain au monde, attribué en 2004 lors de la Biennale de Venise. C’est ce que les écoles d’architecture appellent aujourd’hui « l’effet Guggenheim ».

Bilbao, l’archi-moderne

Désormais, Bilbao fait de l’ombre à des villes mondialement célèbres pour leur architecture contemporaine, à l’image de Chicago. Et pour cause, si elle a su conserver son charme d’antan, en témoigne son quartier historique des sept rues, la ville basque multiplie les projets d’urbanisme les plus novateurs, faisant appel à des architectes et designers parmi les plus réputés. Le Britannique Norman Foster a ainsi totalement repensé le métro. En particulier les bouches, surnommées les « fosteritos » en référence à leur créateur, dont les dômes de verre semblent tout droit sortis d’un film de science-fiction. Autre prouesse futuriste, le pont Zubizuri et sa structure métallique incurvée. Signée Santiago Calatrava, cette passerelle relie les deux rives du fleuve, à proximité du Guggenheim. Mais Bilbao ne s’est pas seulement contentée d’édifier de nouvelles constructions, elle a également oeuvré en faveur de la réhabilitation. Celle de la Alhondiga, immense cellier du XXe siècle, a ainsi été confiée au Français Philippe Starck, qui avec tout son génie en a fait un complexe culturel au centre duquel patrimoine et modernité s’allient pour le meilleur. Un lieu de vie, de détente et de spectacle que l’on découvre avec des yeux ébahis. Comme souvent à Bilbao.