Charme pittoresque et douceur de vivre

Fondée au 8e siècle par les Vikings au nord-est de la péninsule du Jutland, Aarhus est la plus ancienne cité danoise. Si les traces de ses pères fondateurs ont disparu au fil des siècles, la ville conserve un musée à la gloire de ce peuple qui, jusqu’au 11e siècle, sillonnait les mers à bord de ses drakkars, navires d’origine scandinave. C’est vers le centre-ville qu’il faut se diriger pour découvrir les plus anciennes demeures d’Aarhus. Situées dans le « Latinerkvarteret », comprenez « quartier latin » en référence au quartier parisien, elles trônent paisiblement face au fleuve depuis le 15e siècle. Colombages, façades colorées et ruelles pavées y répandent une atmosphère à la fois chaleureuse et hors du temps. Dès le retour des beaux jours, il fait bon flâner au fil des venelles ou simplement s'asseoir au bord du canal pour un bain de soleil improvisé. Le charme se poursuit à seulement un kilomètre de là, à Den Gamle By, un véritable musée à ciel ouvert qui plonge le visiteur au coeur du 16e siècle. Enfin, comment évoquer Aarhus sans mentionner sa nature généreuse et omniprésente. Ceinturée de bois, de lacs et de plages, « la plus petite des grandes villes au monde » décline les possibles à l’infini. Toujours sous le signe de la douceur de vivre.

Architecture avant-gardiste

Historique, Aarhus n’oublie pas de se tourner vers l’avenir. C’est d’ailleurs grâce à des choix architecturaux audacieux que la Danoise s’est fait connaître. Réputée pour ses constructions futuristes, elle s’impose comme un modèle de dynamisme urbain. Si son musée d’art contemporain coiffé d’une promenade circulaire en verre mérite le détour, son grand fleuron se trouve à l’entrée du port industriel. Depuis 1997, Aarhus s’est lancée dans un vaste projet : réhabiliter son front de mer en un quartier durable qui conjugue respect de l’environnement et qualité de vie.

Depuis 2013, d’étranges constructions blanches semblables à d’immenses pliages d’origami se dressent face à l’eau. Loin d’être une simple fantaisie architecturale, leur forme d’« Iceberg » répond à des besoins imposés par les conditions climatiques de la région. Grâce aux différences de hauteur entre les bâtiments et aux pans de murs inclinés, tous les habitants sont baignés de lumière, même en hiver quand le soleil se fait rare. Une façon pour Aarhus de réduire sa consommation énergétique et de réaffirmer ses engagements environnementaux. Des ambitions auxquelles le thème choisi pour son mandat de capitale européenne de la culture fait écho : « Let’s Rethink », littéralement « repensons ». Tout au long de l’année, Aarhus va repenser le monde via le prisme de la culture, des arts et de l'innovation pour trouver des solutions aux grands défis du 21e siècle. Paphos, sa consoeur chypriote avec qui elle partage le titre, s'attachera, quant à elle, à « relier les continents et rapprocher les cultures », en témoigne son programme.