De longues plages en landes verdoyantes, de falaises en chemins creux, l’île d’Yeu se dessine, à moins de 20 kilomètres au large des côtes vendéennes, si chères aux amateurs de balades à vélo. Ici aussi, les sentiers et routes se prêtent volontiers à une exploration dans les règles, à la faveur d’un bon coup de pédales ou au moyen d’une bonne paire de chaussures de randonnée. Mais ne nous y méprenons pas, si la maigre superficie de l’île encourage l’utilisation des modes de déplacements les plus doux, deux journées sont cependant nécessaires pour en apprécier pleinement toute la pluralité.

Une île, deux visages

C’est par l’est que l’on rencontre l’île d’Yeu qui, contrairement à Noirmoutier et ses célèbres cabines de plages, n’est en aucun cas reliée au continent. Bordée de sable et dotée d’une nature verdoyante, la côte orientale raconte la Vendée continentale. L’ouest se fait quant à lui plus sauvage et recèle de roches, criques et falaises altières qui ne sont pas sans rappeler les paysages bretons, voire le charme brut de l’Irlande.

Á Port-Joinville, on foule pour la première fois le sol islais, un charmant point d’ancrage doté de toutes les commodités mais que l’on s’empresse de quitter afin de partir vers des territoires plus préservés. C’est le cas du port de la meule, une petite crique située sur la côte sud, dominée par une chapelle dédiée à Notre Dame de Bonne Nouvelle. Édifiée au XIe siècle, elle est l’un des plus anciens témoignages religieux présents sur l’île et a vocation à protéger les marins. En chemin, ne manquez pas le village de Saint-Sauveur. La découverte de ses ruelles étroites bordées de maisons basses si emblématiques de l’île, aux toits de tuiles, volets et portes de couleur est un enchantement pour les yeux. Autre incontournable de l’île, la Pointe des Corbeaux et son phare se trouvent à l’extrémité sud-est et offrent notamment un point de vue idéal pour admirer les rouleaux s’éclatant sur les rochers quand gronde la tempête. L’île d’Yeu est également bordée de plages propices à la détente et aux promenades contemplatives : de la plage de la Pipe à celle des Sapins, en passant pas celle des Ovaires ou de la grande Conche, vous n’aurez que l’embarras du choix.

La dernière demeure du Maréchal

Difficile d’évoquer l’île d’Yeu sans faire mention de la présence sur ce petit bout de terre, de la célèbre dépouille de Philippe Pétain. Après avoir été emprisonné sur l’île à la suite de son procès au sortir de la guerre, le Maréchal y rend son dernier souffle en juillet 1951. Il est depuis enterré dans le cimetière marin de Port-Joinville où toutes les tombes font face à la mer, sauf celle du Vainqueur de Verdun, tombé en disgrâce.