Délimitée au nord par Arles, la ville aux 2 500 ans d’histoire, au sud-ouest par les Saintes-Maries-de-la-Mer et au sud-est par Port-Saint-Louis-du-Rhône, la Camargue revêt la forme d’un triangle pris en étau entre deux bras du Rhône et la Méditerranée. Soit un vaste territoire de 150 000 hectares qui flirte sans cesse avec l’eau. Une configuration qui a favorisé le développement de milieux naturels et d’une biodiversité uniques, dont nous partons sur les traces.

Une mosaïque de paysages

Bien que d’un relief relativement plat, la Camargue se prévaut d’une multitude de paysages au creux desquels eau douce, eau salée et eau saumâtre (mélange d’eau douce et d’eau de mer) se rencontrent. Un maillage aqueux très rare qui fait toute la particularité de cette région. Ici, marais salants, sansouires (terres inondées lors des marées), prairies, lagunes ou encore plages constellent les lieux. Sans oublier les parcelles délicatement façonnées par l’Homme, qui a su tirer profit de l’hydrologie de la région pour développer une agriculture raisonnée. Á commencer par celle du riz. Et pour cause, les rizières, favorisant le dessalement des sols, leur ont permis de cultiver du blé ou encore des tournesols. Enfin, il ne faudrait pas oublier les salines, véritable institution, en particulier à Aigues-Mortes, dont l’étourdissante nappe rose se fait le miroir de ces paysages hors du commun.

Une manne de biodiversité

Cette diversité d’écosystèmes camarguais se fait le refuge d’une faune et d’une flore tout aussi variées. En témoignent les nombreuses espèces de végétaux qui y fleurissent. Si les roseaux épousent les berges des étangs aux côtés des renoncules d’eau, des iris jaunes et des genêts tandis que la lavande de mer tapisse les prairies, c’est sans doute la salicorne qui se fait la digne représentante de cette région. Et pour cause, celle-ci est dite halophile, c’est-à-dire qu’elle a besoin d’une forte concentration de sel dans son environnement pour se développer. Autant dire que dans cette plaine alluviale, elle est servie. Tout comme les flamants roses qui batifolent, eux, dans les eaux saumâtres. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls. Carrefour migratoire, la Camargue accueille chaque année près de 150 000 volatiles. S’il y a bien un animal qui ne compte aller nulle part, c’est le fameux cheval camarguais. Emblème de la région, il vit en semi-liberté dans les marais avec les taureaux sauvages. Autant d’espèces interdépendantes les unes des autres. Un équilibre fragile sur lequel veille le parc naturel régional de Camargue.