Á l’évocation des Canaries, beaucoup pensent à Fuerteventura, l’île sous le vent ou à Lanzarote, le chef-d’oeuvre de César Manrique. Moins à El Hierro. Pourtant, cette pépite de 270 kilomètres carrés, qui constitue la partie émergée d’un volcan sous-marin, se fait l’écrin d’un patrimoine naturel grandiose. Trésor qu’elle s’attache à préserver sans relâche, s’affranchissant, notamment, des énergies fossiles pour une île 100 % autonome déclarée réserve de biosphère par l’Unesco.

Mosaïque de paysages

Retranchée derrière ses falaises volcaniques escarpées, El Hierro se garde bien de dévoiler ses secrets au premier coup d’oeil. Ne vous fiez pas à votre première impression et poussez la porte de celle qui fut considérée, au 17ème siècle, comme le méridien 0. Quatre siècles plus tard, l’île semble avoir conservé la même apparence. En témoigne des paysages époustouflants sur lesquels même le temps n’a pas eu d’emprise. Parois vertigineuses, forêts de lauriers et de pins luxuriantes, immenses caldeiras et vastes plateaux arides. Tels sont les décors changeants dont se prévaut El Hierro, dominée en son centre par le majestueux Pico del Malpaso, qui culmine à 1501 mètres d'altitude. Un legs hérité de l’activité volcanique au même titre que les piscines naturelles d’eau salée, dans lesquelles il fait bon se prélasser. Au sud-ouest de l’île, le parc rural de Frontera témoigne de la communion entre les Hommes et la nature. Ici, villages typiques et exploitations agricoles traditionnelles s’organisent face à des arbres sculptés par les bourrasques de vent.

Fonds marins d’exception

Aussi subjuguante côté pile que côté face, El Hierro est bordée de fonds marins dignes d’un rêve. Là encore, les volcans, omniprésents, ont façonné les lieux. Coulées de lave pétrifiées, pinacles et grottes se dressent dans les abîmes subaquatiques de l’île pour des plongées aussi mémorables qu’agréables en raison de la température de l’eau, comprise entre 19 et 24 degrés toute l’année. Parmi les 46 points d’immersion que compte l’île, ceux de la réserve marine de la Restinga, avec leurs 300 mètres de profondeur, figurent incontestablement parmi les immanquables. Très réglementées, les expéditions sous-marines sont l’occasion de se mesurer à la richesse de la biodiversité. Raies manta, mérous, barracudas, hippocampes, langoustes ou encore requins-marteaux cohabitent au sein de cet écosystème.