L’eau, l’érosion et le temps, voilà la sainte Trinité qui a façonné la grotte de Jeita au Liban, à 20 km au nord de Beyrouth. Ou plutôt les grottes car il s’agit en réalité de deux cavités distinctes. La galerie inférieure, tapissée par un lac souterrain se visite à bord d’une embarcation avant de rejoindre la partie supérieure, située 60 mètres au-dessus. Pour préserver au mieux cette merveille géologique datant de la préhistoire, une parcelle reliant les deux grottes a été installée. Les visiteurs peuvent ainsi évoluer au coeur de ce chef-d’oeuvre naturel sans l’altérer. Une initiative qui a notamment permis à la grotte de Jeita d’obtenir le prix du tourisme durable, en 2002. Sa beauté subjuguante, qui rivalise avec des grottes comme celle de Naïca au Mexique, l’a, elle, propulsé parmi les finalistes des 7 merveilles naturelles de l’Unesco, en 2011. Il faut dire qu’une fois sur place c’est un voyage des plus dépaysants : partout des stalactites (dont la plus grande du monde avec 8,2 m de long), des stalagmites, des draperies de roche que l’on croirait sculptées dans de la cire et un silence de cathédrale que seul le clapotis des goûtes d’eau atterrissant sur le sol vient rompre ponctuellement.