Elle est la ville des paradoxes. Symbole brûlant d’un pays aux aspirations contraires, La Havane présente plusieurs visages, allant du rouge le plus vif au blanc immaculé de la douce mariposa blanca, emblème de Cuba. Un pluralisme lié, au-delà de ses multiples influences, aux plus de deux millions d’habitants répartis sur quelque 720 kilomètres carrés que comptent la capitale caribéenne.

Découvrir La Havane à travers le centre historique

Pour s’imprégner pleinement de l’ambiance d’une ville, l’exploration de ses quartiers les plus anciens est incontournable. La Havane ne fait pas exception et une balade dans les rues de La Habana Vieja permet au visiteur de prendre le pouls d’une vie citadine qui s’écoule au rythme de la salsa. Construite autour de quatre places d’égale importance et rivalisant de beauté, la vieille ville regorge de magnifiques édifices architecturaux allant du baroque au néo-classique. Des monuments que l’on peut admirer sur la Plaza de Armas, la Plaza Vieja, la Plaza de San Francisco de Asis et la Plaza de la Catedral, mais aussi de part et d’autres des ruelles reliant les différents points de curiosité du quartier. Et pour une vision plus globale de La Havane, il n’est de meilleur point de vue que le clocher de la cathédrale de la Vierge Marie de l’Immaculée Conception. On y aperçoit notamment de magnifiques maisons à arcades, des balcons et grilles en fer forgé protégeant l’accès à de secrètes cours intérieures.

Autre lieu, autre ambiance, le Centro Habana est un quartier plutôt populaire. Ici, comme dans la très colorée Carthagène des Indes, chaque façade de maison coloniale raconte une époque prospère aux mille teintes. La saleté recouvrant les pigments associée à l’état de décrépitude général rappellent aussi que cette époque est bel et bien révolue. Pleines de contradictions, les ruelles de la capitale cubaine ont beau paraître figées dans un passé aussi glorieux que déliquescent, c’est une jeunesse moderne et impétueuse qui en bat le pavé.

Et pour vivre pleinement l’expérience havanaise, pourquoi ne pas s’offrir un petit tour de ville en vieille voiture américaine ? Ces berlines des années 1920 à 1950 font aussi partie du folklore local et peuvent surgir de n’importe quel coin de rue. Au volant de l’une d’entre elle, on admire volontiers les murs de la ville portant des slogans révolutionnaires ou ornés de portraits d’Ernesto Che Guevara et Fidel Castro, figures emblématiques de l’île.

Enfin, pour fuir l’agitation de La Havane sans se priver de son âme attachante, rien de mieux que de s’accorder une balade sur La Malecon. La promenade en bord de mer longe la baie de la ville et l’on s’y perd volontiers, bercé par le clapotis des vagues, avant de revenir sur ses pas, « hasta La Havana siempre ».