Non loin des Cyclades et de leurs emblématiques maisons blanches coiffées de coupoles bleues, la péninsule du Magne n’affiche ni hôtels de luxe ni restaurants à la mode. Ici, les paysages sont arides et les villages de pierres abandonnés, les plages sont sauvages et les montagnes légendaires. C’est dans ce relief tourmenté, au milieu des troupeaux en liberté que prend vie une autre Grèce, préservée du tourisme de masse et qui, les jours de brume ou d’orage, ferait presque penser aux Highlands d’Ecosse, avec leurs grands espaces humides et leurs vents froids.

Au départ de Kalamata, direction l’extrême sud de la péninsule

Avec ses routes sinueuses qui serpentent ses montagnes et vallées, la découverte de la péninsule du Magne se prête magnifiquement au road trip. Une belle façon d’aborder cette terre accidentée, en commençant par la région de Kalamata, réputée pour ses oliveraies s’étendant à perte de vue. Seconde plus grande du Péloponnèse, la ville constitue la porte d’entrée du Magne un passage obligé avant de plonger vers le sud, direction le cap Ténaro en prenant soin de s’arrêter dans quelques sites remarquables.

Parmi eux, comment ne pas citer Aréopolis et son centre historique parsemé de tavernes pittoresques, mais aussi d’églises et chapelles autour desquelles gravitent les mille âmes de la localité. Coincée entre terre et mer, Aréopolis est baignée par les doux flots de la Méditerranée d’une part, par la nature sauvage des campagnes environnantes d’autre part. A quelques encablures de là, le petit port de Limeni se découvre. Village le plus photographié du Magne, Limeni abrite notamment la taverne de poissons Takis, l’une des meilleures tables des environs qui propose de succulents poissons et crustacés, à déguster les pieds dans l’eau.

En poursuivant vers le sud, le visiteur pénètre au cœur du Magne et, de tours fortifiées en villages perchés, goûte enfin à l’âme de la péninsule. C’est là que se trouve le village de Gerolimenas, petit port on ne peut plus authentique malgré les quelques boutique-hôtels qui l’animent et font vivre sa cinquantaine d’habitants. Inaccessible par la route jusque dans les années 1970, Gerolimenas attire aujourd’hui quelques touristes auxquels le lieu offre les charmes de ses auberges et restaurants au bord de la Méditerranée.

La région regorge également de nombreux sites historiques époustouflants, en témoignent les grottes de Diros et leurs 1500 mètres de stalactites et stalagmites ou encore les nombreuses églises byzantines dissimulées dans les villages de la péninsule. La meilleure façon de les admirer reste encore de se laisser guider par les routes, de s’abandonner au parcours des chemins et de s’ouvrir aux secrets que le Magne voudra bien dévoiler.