Doté d’un « droit à un environnement sain » dans sa Constitution, le Costa Rica fait office de figure de proue en matière de développement durable. Tous les efforts de ce pays convergent vers un seul et même but : la neutralité carbone. Un défi de longue haleine qu’il compte bien être le premier à relever, comme l’a fait savoir son nouveau président Carlos Alvarado, lors de sa prise de pouvoir le 8 mai 2018.

Un pays averti et novateur en matière de préservation environnementale

Si avec ses 51 100 kilomètres carrés le Costa Rica ne représente que 0,03 % de la superficie terrestre, ce pays abrite pourtant 6 % de la biodiversité mondiale. Un trésor exceptionnel que ce dernier s’évertue de protéger depuis des années. Et pour cause, bordé à l’est par la mer des Caraïbes et à l’ouest par le Pacifique, le Costa Rica a pris très tôt conscience que le réchauffement climatique entraînait, non seulement une montée des eaux, mais aussi une dégradation de son patrimoine naturel et de la santé de ses habitants. En 1948, le pays se déleste ainsi de son armée, une première mondiale, pour investir massivement dans l’éducation et la préservation de l’environnement. Un an plus tard, il fonde l'Institut Costaricien de l’électricité (ICE), nationalisant totalement la production et se tournant vers l’hydraulique. Le Costa Rica prend alors une longueur d’avance sur le reste du monde en matière de transition énergétique. Á tel point qu’en 2017, 99,62% de l’électricité produite au Costa Rica était issue des énergies renouvelables.

Les ressources naturelles au coeur du mix énergétique

Si le Costa Rica est parvenu à se défaire des énergies fossiles pour ce qui relève de la production d’électricité, c’est aussi grâce.... à son climat et à son patrimoine naturel. En effet, situé dans une zone tropicale, le pays essuie de nombreuses pluies. Un terrain propice au développement des centrales hydrauliques, qui couvrent aujourd’hui 78,26 % des besoins électriques de la population. Quant aux vents qui déferlent sur le pays, ils sont mis à profit via des éoliennes qui tournent à plein régime, produisant 10,29 % de l’électricité consommée. Soit presque autant que la géothermie, dont la part s’élève elle à 10,23 %, une technologie que le Costa Rica peut exploiter en raison de sa forte activité volcanique. Pas moins de 116 volcans, dont 5 encore actifs, sont effet recensés. Enfin, 0,84 % sont produits par le solaire et la biomasse. Un mix énergétique exemplaire mais difficilement applicable par tous les pays. À défaut d’imiter le Costa Rica, le mieux reste donc de s’en inspirer pour trouver des solutions propres à chacun.