Culminant à 6 638 mètres d’altitude, le mont Kailash s’élève au-dessus des hauts plateaux arides du Tibet. Un géant de pierre et de glace qui se fait le creuset des croyances asiatiques. Hindouisme, bouddhisme, jaïnisme (l’une des principales religions d’Inde) et bön (religion tibétaine préexistante au bouddhisme) l’ont érigé en véritable sommet divin.

Il domine avec grâce le sud-ouest du Tibet, imprimant sur l’horizon himalayen sa silhouette dentelée. Une région aussi époustouflante qu’inhospitalière. Pourtant, les bouddhistes n’hésitent pas à partir à l’assaut du mont Kailash, lors du « Yatra ». Un pèlerinage au bout duquel ils passeraient de l’état d’ignorance à celui d’illumination suprême. Mais pour cela, encore faut-il qu’ils parcourent les 54 kilomètres de la « Kora », sentier qui en fait le tour. Et ce, 58 fois de suite. Un défi de toute une vie particulièrement éprouvant pour l’Homme puisque ce chemin serpente jusqu’à 5 700 mètres d'altitude. Autant dire que l’oxygène se fait rare. Mais qu’importe, poussés par leur foi, les croyants se surpassent, essaimant sur leur passage des drapeaux de prières.