Au sud de la Thaïlande, non loin de la frontière avec la Birmanie, se cache, sans doute, le secret le mieux gardé de tout le pays : le parc national de Khao Sok. Loin de l’agitation de Phuket et des plages bondées, voilà un endroit qui aurait pu abriter les aventures d’Indiana Jones. Une terre sauvage et mystérieuse qui ne se laisse pas approcher facilement. Et pour cause, comme tous les trésors, celle-ci se mérite. Il faut donner de sa personne à grands renforts de treks et de randonnées pour découvrir, et appréhender, le visage méconnu de cette Thaïlande à la beauté virginale. Une immersion haute en couleur et en émotions.

La forêt, l’or vert de Khao Sok

Créé en 1981, le parc national de Khao Sok s’étend sur 740 kilomètres carrés. Sa mission ? Préserver un joyau national : la plus ancienne forêt tropicale au monde. Depuis plus de 160 millions d’années, cet épais manteau couvre les lieux de ses vertes nuances. Á côté, avec ses 10 millions d’années, la forêt amazonienne ferait presque figure de jeune première !

Malgré son âge respectable, cette jungle primaire a conservé tout son éclat. Dense et luxuriante, elle se dresse aux quatre coins du parc. Majestueux, les arbres qui la composent flirtent avec les nuages. Palmiers, figuiers, bananiers… certains d’entre eux culminent à 65 mètres de hauteur, obligeant à lever la tête pour apercevoir le bout de leur cime. Mais il ne faudrait pas oublier de baisser les yeux au sol, car sous la canopée, une biodiversité étourdissante envahit les lieux. Pas moins de 48 espèces de mammifères, dont les gibbons, ces grands singes réputés pour leur attachement conjugal, 311 espèces d’oiseaux et 30 espèces de chauves-souris ont élu domicile dans l’enceinte du parc de Khao Sok. La flore n’est pas en reste puisque l’on recense près de 200 espèces différentes. Parmi lesquelles, la rafflésie d'Arnold qui n’est autre que la plus grande fleur au monde.

Voguer sur le lac de Chiew Larn

Rien de tel pour embrasser les panoramas du parc national de Khao Sok que de naviguer sur le lac de Chiew Larn. Depuis les pirogues, les montagnes emmitouflées de verdure déploient leurs sommets à l’infini. Sans compter les incroyables rochers qui fendent la surface de l’eau pour mieux s’élancer dans les airs. Un décor époustouflant qui n’est pas sans rappeler la baie de Phang Nga, curiosité géologique, située à quelques kilomètres au sud du parc, ou la célèbre région chinoise de Guilin. Cette étendue lacustre est d’ailleurs surnommée le « Guilin thaïlandais ». C’est dire la puissance paysagère des lieux qui, à l’image du reste du parc, possèdent un étonnant pouvoir : celui de vous donner le sentiment d’être le premier à poser le pied sur cette terre.