Dans le parc national de Manú, à quelques kilomètres au nord du Machu Picchu, le Pérou sauvage vous tend les bras. Il faut toutefois donner de sa personne avant d’y poser le pied car ce lieu, enfoui dans les forêts humides de l’Amazonie, reste relativement difficile d’accès. Une situation géographique, en marge des grands axes de communication, qui a permis la préservation de ses écosystèmes.

Une manne de biodiversité

Si nous ne devions choisir qu’un seul adjectif pour caractériser le parc national de Manú, ce serait sans aucun doute “démesuré”. Et pour cause, au coeur de ses 15 328 kilomètres carrés, superficie représentant 30% du Pérou, sont recensées pas moins de 500 000 espèces vivantes. Parmi lesquelles, 800 espèces d’oiseaux dont la spatule rosée, l’Ara chloroptère, un perroquet tropical particulièrement coloré, ou encore le toucan et son bec climatiseur. Á ces volatiles s’ajoutent 1 300 espèces de papillons et 200 espèces de mammifères comme le tapir, le puma, le jaguar, le caïman noir et la loutre géante. Un bestiaire hors du commun que complètent plus de 4 000 espèces végétales. Ici, la luxuriance est telle qu’un seul hectare du parc abrite à lui seul plus de 250 espèces d’arbres. Cette diversité s’explique par la multitude de biotopes - lieux de vie - que compte le parc. De la puna, ce haut plateau andin perché à plus de 4 000 mètres d’altitude et caractérisé par ses températures très froides, aux montagnes boisées, en passant par les forêts nuageuses et les jungles de plaine, c’est une mosaïque de milieux naturels qui quadrille les lieux.

Un parc, diverses missions

Le parc national de Manú se divise en trois parties distinctes : la zone protégée dédiée à la recherche mais ouverte au public lors de visites guidées, la zone culturelle où se développe un tourisme durable et enfin, la zone réservée aux populations autochtones. Interdite au public, celle-ci représente 80 % de l’ensemble du parc. Près de 30 peuples, comme les Matsigenkas et les Nahuas, se partagent ce secteur. Certains d’entre eux n’ont jamais eu aucun contact avec le monde extérieur. Des modes de vie et des coutumes que le parc a à coeur de sauvegarder.