En 1964, la Suède inscrit la protection de la nature dans la loi. Trente ans plus tard, elle inaugure un nouveau concept : l’allemansrätt. Derrière ce terme se cache l’idée que tout un chacun peut disposer de la nature comme bon lui semble, dans la mesure où il la respecte. Ce droit commun qui fait partie de la Constitution nationale prouve à quel point les liens qui unissent ce pays à son environnement sont forts. Pas étonnant que sa capitale envisage, très tôt, sa mutation urbaine pour réduire son empreinte écologique. Un défi qu’elle relève en se tournant notamment vers les écoquartiers. En témoigne son fleuron, celui du Stockholm Royal Seaport, qui d’ici 2030, devrait compter 12 000 appartements et accueillir près de 35 000 employés.

Objectif indépendance énergétique

Au nord-est de la ville, le Stockholm Royal Seaport érige ses constructions toutes plus modernes les unes que les autres sur une ancienne friche portuaire. Face à la Baltique, immeubles vitrés et en briques rouges préfigurent la ville de demain. Soumis à de hautes performances énergétiques, chacun d’entre eux consomme seulement 55 kWh par m2 . Soit trois fois moins que la moyenne des bâtiments de la capitale suédoise. Et pas d’approximations possible, toutes les données relatives à leur consommation énergétique sont envoyées au Royal Institute of Technology et analysées en temps réel via la plateforme Smart City RS, créée spécialement pour ce laboratoire à ciel ouvert. Une architecture intelligente au service d’un objectif ambitieux : réduire, d’ici 2030, les émissions de CO2 des habitants de 4,5 tonnes par an à 1,5 tonne. Prouesse qu’il compte accomplir en s’affranchissant des énergies fossiles. Pour ce faire, panneaux photovoltaïques et usine de biocombustibles alimentent notamment le quartier en chaleur et en électricité grâce à un réseau intelligent. Via un boîtier installé dans chaque appartement, ce dernier est capable de mesurer le besoin énergétique des habitants et de les approvisionner en fonction.

Un tri sélectif dernière génération

Autre préoccupation du Stockholm Royal, la gestion des déchets. Pour enrayer la pollution liée à l’acheminement des ordures vers les centres de tri, un système de collecte pneumatique a été imaginé. Des bacs connectés à un réseau souterrain sont à disposition des habitants. Une fois remplis, ces derniers sont vidés. Les déchets sont alors aspirés à 70 km/h vers le sous-sol pour être dirigés vers un centre de traitement. Un déplacement dont la chaleur produite est redistribuée dans le réseau de chauffage. La boucle est bouclée !