Avec ses paysages burinés par la houle et les bourrasques de vent, à l’image des vertigineuses falaises de Moher, l’Irlande magnétise les esprits. Une beauté âpre et envoûtante qu’elle partage avec ses îles. En témoigne l’archipel des Skellig, constitué de Skellig Michael et Little Skellig. Situé à quelques encablures du comté de Kerry, aussi surnommé « The Kingdom », ce dernier est toutefois relativement difficile d’accès. Et pour cause, si seule Skellig Michael est ouverte au public, n’espérez pas y trouver un port. Ici, seule une jetée en pierre, impraticable en cas d’intempéries, vous permet d’y faire une halte. Une expédition aussi périlleuse qu’inoubliable qui débute dans les ports de Portmagee, Caherdaniel ou Ballinskelligs. Les seuls à proposer cette destination.

Skellig Michael, refuge monacal

Plus grande des deux îles, Skellig Michael culmine à 218 mètres de hauteur. C’est ici, sur ce piton rocheux que des moines catholiques se sont établis à partir VIème siècle. Une retraite placée sous le signe des éléments. Mais pas de quoi effrayer ces religieux qui ont édifié une véritable abbaye au sommet de l’île, comprenant six cellules, deux oratoires - édifices consacrés aux prières - ainsi que des tombes et des marches taillées à même la roche pour y accéder. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, cet ensemble architectural hors du commun laisse entrevoir toute la rudesse des conditions de vie. D’ailleurs, au XIIIème siècle, les moines finissent par délaisser leur île, l’abandonnant aux bras des tempêtes. Depuis, celle-ci n’a plus jamais accueilli de résident permanent, si ce n’est les oiseaux désormais seuls propriétaires des lieux.

Little Skellig, paradis ornithologique

Comme son nom l’indique, cette île est la plus petite des deux. Contrairement à sa voisine, sise à 1,5 kilomètre de là, cette éminence rocheuse de 8 hectares n’a, elle, jamais connu de présence humaine. Il faut dire qu’elle est particulièrement inhospitalière avec ses immenses falaises acérées. Aujourd’hui interdite aux visiteurs, elle constitue une réserve ornithologique. Près de 20 000 couples de fous de Bassan, une espèce d’oiseaux de mer, y ont élu domicile. Ce qui en fait la plus grande colonie de tout le pays. Goélands, macareux, mouettes, pétrels, ou encore guillemots complètent le ballet aérien local. Une nature souveraine que l’on se contente d’observer depuis le pont d’une embarcation. Mais qu’importe, puisqu’elle n’en demeure pas moins captivante.