Après Ljubljana en 2016, qui avait notamment fermé son centre-ville aux voitures, et Essen en 2017, Nimègue, plus ancienne ville des Pays-Bas, est devenue en janvier 2018 la nouvelle ambassadrice d’une Europe plus responsable. Cette cité de quelque 176 000 habitants avait déjà réussi à s’imposer, en 2016, comme la ville néerlandaise du cyclisme. Un titre délivré par l’Union néerlandaise des cyclistes et qui revêt une grande importance aux Pays-Bas où le vélo est roi.

« Une vision passionnée, claire et convaincante »

Adaptation au changement climatique, cyclisme, mais aussi recyclage et participation citoyenne, c’est la « vision passionnée, claire et convaincante » de Nimègue que le jury de la commission a voulu récompenser cette année. Cette ville de plus de 2000 ans située non loin de la frontière avec l’Allemagne se distingue notamment par une gestion des déchets performante qui encourage l’économie circulaire et implique la population dans son ensemble, des institutions aux entreprises, en passant par les associations et particuliers. Le projet « Room for the River Waal », achevé en 2016 a par ailleurs permis le développement de nouvelles opportunités en créant un canal secondaire dans le but de protéger la ville des inondations. Une initiative originale et efficace qui s’inscrit dans la longue tradition de gestion de l’eau des Pays-Bas.

À Nimègue, sur la terre ferme, la vie est tout aussi douce. Celle dont le port est connu comme « le balcon vers l’Europe » est en effet dotée d’une « autoroute » cycliste de près de 60 kilomètres qui devrait être complétée par 20 kilomètres supplémentaires. En attendant, 65% des habitants choisissent déjà le vélo pour se rendre en centre-ville ou sur le campus universitaire de Heyendaal et 37% des trajets inférieurs à 7,5 kilomètres sont effectués à bicyclette.

De nombreux projets et objectifs ambitieux

Conférence sur l’économie circulaire EcoProcura, sommet national sur l’économie circulaire ou encore semaine de la mode durable, cette année, le cœur de Nimègue battra définitivement vert et durable. Et la ville ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, l’objectif avoué du maire Hubert Bruls étant de parvenir à un bilan climatique neutre d’ici 2045. Ses précédentes initiatives ayant été couronnées de succès, nul doute que tous les moyens seront mis en œuvre pour atteindre ce but. Ne reste plus aux autres grandes villes européenne qu’à redoubler d’efforts en matière de développement durable, comme le fit la belle Nantes aux machines improbables, seule ville française à avoir obtenu le titre de capitale verte européenne, en 2013.