Partie la plus à l’ouest des Pyrénées-Orientales, la Cerdagne se blottit au pied des montagnes à plus de 1 200 mètres d’altitude. Une terre reculée dont le train jaune a permis de rompre l’isolement au début du XXe siècle. Parcourant 63 kilomètres, au milieu des vallées encaissées et des sommets couverts de végétation, ce dernier dessert 22 gares depuis Villefranche-de-Conflent (66) jusqu’à Latour-de-Carol (66). Un trajet inchangé depuis sa mise en service tout comme les émotions qu’il procure à ceux qui montent à son bord.

Le train jaune, un exploit technique

Mise, en partie, en service en 1911, la ligne de chemin de fer du train jaune a nécessité la construction de 650 ouvrages. Parmi lesquels 19 tunnels, le plus grand mesure d’ailleurs pas moins de 381 mètres de long, mais aussi deux ponts renommés : le pont suspendu de Gisclard, le seul de ce type encore en service, et le viaduc Séjourné, qui trône à 65 mètres de hauteur au-dessus du vide. Des édifices spectaculaires, en témoignent leur altitude et leurs pentes, qui obligent le train à ralentir sa course. Qu’importe, « le canari », comme on le surnomme affectueusement en raison de sa couleur typique du pays catalan, fait fi du relief, enchaînant 390 virages en lacets. Alimenté par l’énergie hydraulique, qui l’érige en modèle de mobilité durable, il se hisse ainsi dans les endroits les plus inaccessibles. Á l’image de la gare de Bolquère-Eyne (66), qui, culminant à 1 593 mètres de hauteur, est la plus haute de France.

La Cerdagne comme vous ne l’avez jamais vue

Prendre place à bord du train jaune, c’est découvrir l’une des régions françaises les plus spectaculaires et les mieux préservées. Sise au coeur du parc naturel régional des Pyrénées Catalanes, celle-ci concède aux voyageurs des panoramas étourdissants. Surtout s’ils sont installés dans les wagons découverts. Un trajet hors du commun à ponctuer de haltes pour profiter au mieux de la région. Vous pouvez ainsi faire escale à Odeillo où siège l’un des deux plus grands fours solaires au monde, ou encore à Mont-Louis, un village retranché derrière ses fortifications signées Vauban. Pour une pause douceur, c’est à Fontpédrouse qu’il faut s’arrêter. Direction les bains de Saint-Thomas, des sources chaudes sulfureuses qui jaillissent de la terre à 58 degrés. Enfin, vous voilà arrivés à Villefranche-de-Conflent, classé parmi les plus beaux villages de France. Terminus, tout le monde descend.