Au Pérou, 45% de la population descend directement des Incas. Cette civilisation ingénieuse et innovante à l’origine des divines terrasses de Moray était aussi passée maîtresse dans l’art du tissage. Ponchos, broderies et couleurs vives, ses tenues traditionnelles continuent d’être réalisées par les Péruviennes, à grand renfort de fibres et pigments naturels. Et si les costumes varient d’un bout à l’autre du pays, si la musique de Piura, sur la côte, n’a rien à voir avec celle d’Arequipa, ville blanche au sud-ouest du pays, c’est parce que le Pérou se compose de trois zones géographiques et identitaires distinctes.

Les influences créole, métisse et indigène de la côte

Terres de métissage, les régions péruviennes qui bordent le Pacifique sont empreintes de musiques et de danses créoles. Un folklore spécifique qui dit la cohabitation entre propriétaires espagnols, esclaves ou affranchis africains, métis caribéens et natifs de la côte. L’un de ses plus beaux fruits est sans doute la Marinera, une danse de séduction caractérisée par l’utilisation d’un foulard.
La région est également connue pour la procession du Seigneur des Miracles qui a lieu tous les ans en octobre à Lima et est considérée comme la manifestation religieuse catholique périodique la plus importante du monde.

Dans la région amazonienne, le folklore venu de la forêt

Propre aux groupes isolés qui vivaient aux confins du pays, à la frontière avec les trésors dont regorge la Colombie et le Brésil, voisin géant régnant sur le continent, le folklore amazonien a intégré, au fil des années, les influences importées par les migrants venus de la côte et de la montagne. De nombreuses traditions spécifiques perdurent néanmoins comme la nuit de Saint-Jean où des feux de joie sont allumés afin de « donner plus de force au soleil » à l’arrivée du solstice d’été. Et c’est au rythme de la quenilla, du tambour, du bombo, du manguaré et des maracas qu’est exécuté l’Apu Cashi, une danse célébrant le dieu chauve-souris afin qu’il préserve les récoltes et collectes de fruits à venir.

Les Andes péruviennes, où le carnaval est roi

Si la tradition est scrupuleusement respectée dans tout le pays, la capitale péruvienne du carnaval est définitivement Cajamarca. N’en déplaise aux Cariocas et autres danseuses brésiliennes ! Chaque année, la folie carnavalesque s’empare de la ville dont le cœur ne bat plus que pour le prestigieux concours. Un défilé accompagné des instruments phare de la région andine dont la quena et la flûte sans bec.
Autre coutume profondément ancrée dans les montagnes péruviennes, la cérémonie Inti Raymi se déroule sur l’esplanade de la forteresse de Sacsayhuamán, dans la cité historique de Cuzco, et constitue un remerciement rituel au dieu Soleil.