Ciel changeant, lumière d’opale, mer déchaînée, demeures à colombages, ou encore falaises acérées… sont autant d’attraits qui ont conquis, au fil des siècles, les artistes. Parmi lesquels, les peintres impressionnistes bien sûr, mais aussi les écrivains, qui y ont trouvé les mots justes.

La Normandie au coeur des oeuvres littéraires…

Enjôleuse et impétueuse à la fois, la Normandie dégage un magnétisme si puissant qu’elle s’est invitée au coeur des plus éminents romans de la littérature française. En particulier ceux de Maupassant, très attaché à sa région natale. Quand il évoque les falaises d’Étretat dans L’Homme de Mars (1887), ses mots semblent ainsi épouser les contours de ces vertigineuses parois rocheuses. « C'est une admirable route entre le ciel et la mer, une route de gazon, qui court sur cette grande muraille, au bord de la terre, au-dessus de l'océan », écrit-il. La Normandie, source d’inspiration inépuisable pour cet enfant du pays, qui y situe l’action de nombreux romans et nouvelles. Boule de Suif (1880) prend ainsi place à Rouen, tout comme Le Horla (1887), tandis que Pierre et Jean louvoie de Trouville jusqu’au Havre. Si son complice Flaubert, né à Rouen, situe, lui, les péripéties sentimentales de Madame Bovary dans le village fictif de Yonville, tout son roman prend place au coeur des campagnes et des petites villes normandes. Sous la plume de Marcel Proust, Cabourg devient, elle, Balbec. Une station balnéaire omniprésente dans La Recherche du temps perdu. Maurice Leblanc, auteur des aventures d’Arsène Lupin, Marguerite Duras, qui a séjourné à l'Hôtel des Roches Noires de Trouville, ou encore Annie Ernaux, dépeignent, eux aussi, cette région.

…. et du quotidien des auteurs

Attirés par la douceur de vivre et les paysages normands, nombre d’auteurs ont posé leurs valises dans la région. Lieux de vie, de repos, de création, leurs demeures constituent aujourd’hui un itinéraire culturel : la Route des maisons d’écrivains. De Rouen au Havre en passant par Étretat, il suffit de pousser la porte de ces habitations pour entrer dans l’intimité de ceux qui nous ont légué de remarquables ouvrages. Citons, entre autres, la demeure familiale de Pierre Corneille, à Petit-Couronne ou encore le manoir du Breuil de Françoise Sagan, à trois kilomètres seulement de Honfleur et de son vieux bassin. Une région définitivement liée au processus de création littéraire.