Plus réservée qu’Ibiza la festive et plus confidentielle que Gran Canaria, La Gomera cultive sa discrétion avec aisance. Il faut dire que cette saillie rocheuse émergeant du Pacifique passerait presque inaperçue au milieu de ses consoeurs canariennes. Pas farouche pour autant, cette pépite volcanique se laisse volontiers approcher. Seule condition pour partir à sa rencontre ? Se munir d’une bonne paire de chaussures de marche pour arpenter ses 650 kilomètres de sentiers !

La Gomera, une île continent

Avec ses 369 kilomètres carrés, La Gomera s'enroule dans un mouchoir de poche. Vous pensiez en faire le tour rapidement ? Détrompez-vous, cette île conduit les visiteurs de surprise en surprise, dévoilant de nouvelles facettes toujours plus spectaculaires. Balayée par les alizés sur son versant nord, elle se fait verdoyante et généreuse. Ses pentes s’ornent même de cultures en terrasses. Un décor tropical qui contraste avec l’aridité de sa partie septentrionale. Ici, les forêts laissent place à d’interminables vallées ocre entaillées de canyons, à l’image de celui de Guarimiar, l’un des plus profonds de l’île, pour une terre âpre et minérale. Pourtant, La Gomera s’adoucit de nouveau, disséminant, ici et là, quelques palmeraies bordées de manguiers et d’avocatiers. Des oasis de douceur à l’ombre desquelles la Tunisie semble prendre vie. Sans oublier les plages de sable blanc et noir où viennent s’écraser les vagues comme magnétisées par l’île. Autant de joyaux naturels accessibles, pour la plupart, uniquement à pied. Une récompense qui vaut amplement toutes ces heures de marche et ces dénivelés gravis.

Le parc national du Garajonay, trésor végétal

Aucune visite de La Gomera ne saurait être complète sans fouler le sol du parc national de Garajonay. Véritable fierté de l’île, ce dernier abrite une laurisylve, vestige d’une végétation subtropicale qui recouvrait autrefois une grande partie de l’Europe durant l’ère tertiaire. Soit il y a plusieurs millions d’années. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, ce parc d’une richesse inestimable occupe 10% de l’île. Autant dire qu’en matière de randonnée, il y a de quoi faire. De nombreux sentiers quadrillent ainsi les lieux. Avec ou sans guide, c’est avec la même admiration que les marcheurs contemplent la canopée de ces arbres millénaires, emmitouflés de brume et de nuages.