L’histoire d’amour entre Hemingway et Cuba commence en 1928. Cette année-là, coiffé de son éternel panama, l’Américain rentre de France en bateau à vapeur et fait une brève escale à La Havane. Séduit, happé, transporté par la capitale caribéenne, il y reviendra quelques années plus tard, à l’occasion d’un voyage de deux jours qui se prolongera des mois durant. C’est là que l’écrivain, mordu de pêche à l’espadon, prendra ses premières marques dans la ville.

La Habana Vieja, repaire d’Hemingway

C’est à l’hôtel Ambos Mundos, au cœur de la vieille ville, qu’Ernest Hemingway prend ses quartiers, en 1932, non loin de l’ambassade des États-Unis et de la baie de La Havane. La chambre numéro 511 offre alors une magnifique vue sur la Plaza de Armas et fera office de foyer pour l’écrivain qui y aurait rédigé les premiers chapitres de Pour qui sonne le glas, entre autres. L’hôtel est également situé à proximité de la Bodeguita del Medio, où Hemingway se rendait régulièrement pour y déguster des mojitos*, spécialités de l’établissement. Grand amateur de Daïquiri*, il avait aussi l’habitude de siroter son nectar sans sucre au Floridita, un bar à cocktails rendu célèbre par le romancier. Au fil de ses aller-retour à La Havane, Hemingway occupera la chambre 511 à de nombreuses reprises, avant de faire l’acquisition, en 1940, de sa propre demeure.

À la Finca Vigìa, un air de volupté

Située au sud-est de La Havane en allant vers Trinidad, la ville-musée cubaine, la Finca Vigìa est une vaste propriété nichée au cœur d’un parc luxuriant, surplombant la vallée et offrant une vue magnifique sur la capitale et la mer. Aujourd’hui, seul le jardin est accessible aux visiteurs, mais l’intérieur de la maison est visible à travers les nombreuses fenêtres et baies vitrées qui l’entourent. On y aperçoit les trophées de chasse rapportés d’Afrique par Hemingway, sa machine à écrire, mais aussi des livres et le mobilier d’origine. La Finca Vigìa serait effectivement restée en l’état après le départ de l’écrivain.

Une fuite que l’auteur du Vieil Homme et la Mer ne pensait pas définitive et qui survint dans les années 1960, après le triomphe de la révolution et l’accession au pouvoir de Fidel Castro. Ernest Hemingway quitte alors ce pays qui aura été sa muse durant plus de vingt ans, comme la Toscane a pu l’être pour Stendhal, Lamartine ou Dostoïevski.