Bordé à l’ouest par le parc zoologique et au sud par l’immanquable Grand'Place, le Vieux-Lille constitue le noyau historique de la cité nordiste. La richesse de son architecture datant d’avant la révolution industrielle témoigne d’une histoire de plus de mille ans qui se raconte au fil des nombreuses ruelles pavées de ce quartier aujourd’hui très commercial, dynamique et vivant. Au cours de la promenade, maisons aux façades colorées, hôtels particuliers aux décors exubérants et imposants édifices se succèdent dans une diversité architecturale qui donnerait presque le tournis.

De l’ancienne bourse à la Halle aux Sucres

Formé, à l’instar de la cité colorée de Sighisoara, en Roumanie, à partir d’un ancien camp militaire fortifié, d’un forum romain et de la motte Madame, le Vieux-Lille regorge de monuments exceptionnellement bien conservés et restaurés.

À l’extrême sud, porte d’entrée naturelle de ce quartier aux milles merveilles, la Vieille Bourse s’élève, majestueuse, et s’offre aux regards des visiteurs. Incontestablement le plus beau monument de la ville, cet opulent édifice construit en 1651 est constitué de vingt-quatre maisons identiques, dans le plus pur style lillois, dont les fenêtres richement ornées et les lions sculptés entourent un cloître. Classée monument historique en 1921, l’ancienne bourse, baptisée ainsi à la suite de la construction de la Chambre de Commerce et de l’Industrie dans les années 1910, demeure un lieu de vie au sein duquel les bouquinistes ont élu domicile et sont rejoints, l’été, par les amateurs de tango.

Autre lieu remarquable du Vieux-Lille, la Cathédrale Notre-Dame de la Treille fut érigée sur l’ancienne motte féodale. Ambitieux, cet édifice néo-gothique, dont la première pierre a été posée en 1854, ne fut terminé qu’en 1999, date à laquelle les architectes Pierre-Louis Carlier et Peter Rice ont achevé sa façade. Loin de dénaturer le projet initial, ce délai de construction amplifie encore la singularité du monument dont l’extérieur sobre et moderne tranche avec l’orange cristallin de l’intérieur.
Plus au nord, un ancien entrepôt du 19ème siècle mérite une attention toute particulière. Il s’agit de la Halle aux Sucres dont le transport était facilité par la présence d’un canal permettant de rejoindre la Basse-Deûle.

L’histoire pas à pas

Mais c’est au fil de ses ruelles sinueuses que le Vieux-Lille se raconte le mieux. Des façades colorées de la rue Esquermoise à la Place aux Oignons, l’une des plus jolies de la ville en raison, notamment, de ses terrasses estivales fleuries, faufilez-vous jusqu’à la rue de la Clef, l’une des plus anciennes de Lille avec la rue de la Monnaie. Enfin, terminez votre balade sur le Quai du Wault, l’un des derniers vestiges du temps où Lille, ville-rivière, aurait presque pu voler à Amsterdam, son surnom de Venise du Nord.