Avec ses quelques 8 000 habitants, sa rivière qui ondule au pied des maisons médiévales, les vestiges de son château et ses bow-windows, Totnes a tout d’une ville typique de l’Angleterre. Pourtant, elle se démarque grâce à un engagement écologique sans faille. C’est elle qui est à l’origine du réseau « ville en transition », aujourd’hui rejoint par des centaines d’agglomérations à travers le monde, dont San Francisco, la pionnière du zéro déchet ou encore Munich, qui a fait le pari des énergies renouvelables, et Paris.

« Le pétrole c’est tabou, on en viendra tous à bout »

Tel pourrait être le slogan du mouvement ville en transition, né sous l’impulsion de Rob Hopkins, spécialiste de la permaculture - technique agricole visant à respecter le rythme et le fonctionnement naturel des écosystèmes. Installé dans la région, ce dernier est parti d’un constat simple : nous sommes de plus en plus dépendants des énergies fossiles : transports, chauffage, vêtements, emballages… Une consommation effrénée qui nuit à l’environnement et à la santé des individus. Sans compter que si le pétrole venait à manquer nous serions incapables de nous organiser. Il faut donc réinventer une société où la « résilience locale » serait le maître-mot. En d’autres termes, réapprendre à vivre, en respectant la terre et les ressources naturelles. Mais surtout, de façon autosuffisante. Un travail de longue haleine dont s’occupent, depuis 2006, 200 citoyens volontaires via l’association Transition Town Totnes (TTT).

Énergies renouvelables et monnaie locale

Accordant une place prépondérante aux énergies renouvelables, le collectif de Totnes est parvenu à remporter l’adhésion du ministre britannique de l’Énergie. En 2010, ce dernier leur a ainsi alloué 300 000 euros pour les aider à concrétiser leurs projets. Une somme utilisée pour doter les adhérents au mouvement de panneaux photovoltaïques.

Et parce qu’une désaccoutumance des énergies fossiles implique la création d’un nouveau système économique, l’argent des habitants ne passant plus dans l’achat de pétrole ou autres produits dérivés, la ville a créé sa propre monnaie : la livre de Totnes, dont la valeur est équivalente à celle de la livre sterling. Le but ? Faciliter et dynamiser les circuits courts. Grâce à cette initiative, environ 10 % des dépenses des ménages se font désormais au niveau local, favorisant la création d’emplois. Problématique dont se charge le Totnes Reconomy Project, entité du TTT. Grâce à ses bénévoles, vergers communautaires, espaces de coworking, écoquartiers ou encore épiceries locales ont fleuri aux quatre coins de cette ville scrutée par le monde entier.