Le voyage commence à Tamanrasset. Située au sud du massif, celle que l’on nomme la perle du Sahara est un passage obligé à qui souhaite aller sur la route du Hoggar. Les voyageurs peuvent ainsi s’imprégner d’une atmosphère propre à la capitale des Touaregs d’Algérie et faire le plein de provisions au marché avant de débuter un trek inoubliable, au cœur de l’un des plus beaux déserts du monde.

Le Hoggar, perle aride de l’Algérie

« J'ai toujours aimé le désert. On s'assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n'entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence… » disait Antoine de Saint-Exupéry. De paysages accidentés en roches volcaniques, les dunes infinies du Hoggar sont une invitation à la contemplation. Ici, le ruissellement des oueds a creusé des entailles dans l’ensemble gréseux dans lequel le sable fin s’engouffre, composant une mosaïque en ocre, rouge, noir et blond. Une vision féérique que l’on admire d’autant mieux une fois perché sur le plateau de l’Atakor, constitué de coulées de lave issues des volcans voisins, dont certains culminent à près de 3 000 mètres de haut. Le plus élevé d’entre eux ? Le Tahat qui, avec ses 2 918 mètres d’altitude, domine le massif et le pays.

Températures élevées en été, glaciales en hiver, le Tassili du Hoggar fait également partie des zones les plus inhospitalières du globe. Pourtant, son climat est bien moins rude que celui du reste du Sahara. Raison pour laquelle il abrite plusieurs espèces animales et végétales que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. C’est ici, par exemple, dans la région du mont Akerakar, que subsistent quelques oliviers de Laperrine. Une variété menacée d’extinction proche des oliviers qui recouvrent les côtes d’Europe.

Pèlerinage en terre touareg

Bien qu’il ne peut rivaliser avec les dessins et les gravures rupestres que renferme le Tassili n’Ajjer, plus grande étendue désertique de la planète, le plateau de l’Assekrem abrite, lui aussi, des fresques néolithiques particulièrement bien conservées. Mais la mémoire du site ne s’arrête pas là.

Territoire ancestral des Touaregs Kel Ahaggar, le Hoggar est traversé par la piste de l’ancienne caravane du sel dont la file de chameaux, menée par les hommes bleus du désert, foulait le sable fin de ses dunes afin de rejoindre Tamanrasset. À quelques quatre-vingts kilomètres à l’ouest se trouve d’ailleurs le tombeau de Tin Hinan, matriarque guerrière « irrésistiblement belle et d’une grande autorité », fondatrice, selon la tradition orale, des Touaregs nobles du Hoggar. Une légende recueillie notamment par Charles de Foucault qui, à l’instar de nombreux autres ermites chrétiens, s’installa sur le plateau de l’Assekrem en 1911. L’ermitage du « frère universel », accessible au terme de pistes interminables offre, au soleil couchant, une vue exceptionnelle sur le Tahat.