Si à l’évocation du Pays basque, notre esprit s’envole à la lisière de la France et de l’Espagne, ses contours géographiques restent flous. Et pour cause, situé à cheval sur deux pays, il faut oublier les frontières nationales pour voir les siennes se dessiner en filigrane.

Petit précis de géographie basque

Aujourd’hui, le Pays basque est défini comme un ensemble de sept provinces historiques, regroupées en trois entités administratives distinctes. Le Pays basque français, appelé « Iparralde », est intégré au département des Pyrénées Atlantiques. Il comprend les provinces de la Basse-Navarre, de la Soule et du Labourd, où siège Bayonne sa capitale. En Espagne, la communauté autonome du Pays Basque espagnol, « l’Euskadi », est, elle, partagée entre la province de la Biscaye, de l'Alava et du Guipuscoa. C’est vers cette dernière que convergent tous les regards depuis que la ville de San Sebastián a été élue capitale européenne de la culture 2016. Enfin, la communauté autonome de Navarre forme une province à elle seule. Ce périmètre, français et espagnol, laisse émerger un territoire de 20 500 km² qui abrite près de 3 millions d’habitants. Si le Pays basque revêt des allures de mosaïque, sa population est elle très soudée, en témoigne la devise locale : « Zazpiak Bat », comprenez « les sept (provinces) font une ».

La langue, ciment de l’identité culturelle...

La langue basque, l’euskara, existe depuis des temps immémoriaux puisqu’elle remonterait au Paléolithique supérieur (-30 000 ans à -12 000 ans). Si ses origines font aujourd’hui encore l’objet de nombreuses recherches, elle est considérée comme la plus ancienne langue d’Europe de l’ouest. Au Pays basque plus qu’ailleurs, la langue joue un rôle fédérateur. Un seul et même mot définit ainsi le locuteur et l’habitant du Pays basque : « euskaldun », littéralement « celui qui possède le basque ».

Un seul et même mot définit ainsi le locuteur et l’habitant du Pays Basque : « euskaldun », littéralement « celui qui possède le basque ».

 En Euskadi et au nord de Navarre, celle-ci bénéficie du statut de langue officielle, tandis qu’en France sa pérennité est assurée, notamment, grâce à la ferveur des habitants. Ils instaurent dès 1969, les premières écoles associatives : les « Ikastolas ». Cette initiative est relayée au niveau gouvernemental par la circulaire Savary de 1982, qui encourage le bilinguisme régional dans les établissements publics. Aujourd’hui, environ un tiers de la population (française et espagnole confondue) est bascophone et le nombre de personnes qui le comprennent ne cesse d’augmenter. Car si dans la vie quotidienne, le français et l’espagnol sont d’usage, lors des divertissements populaires tout le monde se met au diapason de la langue basque.

… de « ce petit peuple qui chante et qui danse aux pieds des Pyrénées »

S’il est souvent délicat de résumer la culture d’une civilisation sans tomber dans les clichés, Voltaire a vu juste avec cette citation. Loin d’être réductrice, celle-ci traduit la place prépondérante qu’occupe la fête au sein du Pays basque. Son calendrier est ainsi ponctué par plus 3 000 célébrations. Renouant avec d’anciennes traditions, elles sont l’expression de la fierté identitaire d’un peuple. Qu’elles soient religieuses, comme la Fête-Dieu d’Oñati au Pays basque espagnol ou plus laïques comme les fêtes de Bayonne, toutes mettent à l’honneur l’euskara. Essence même de l’art festif basque, les chants traditionnels retentissent au sein des sept provinces. La foule reprend alors en choeur les paroles, réaffirmant d’une seule et même voix son attachement à ses terres.

* « Bienvenu au Pays basque »