Quand en 2004, Véronique Valier quitte Paris pour s’installer dans un vieux corps de ferme de 1836, elle ne sait pas encore qu’elle y réalisera des créations en carton ou en palette. Artiste accomplie, c’est sa maison qui la guide vers cette voie. « Je me suis dit que ce serait aussi mon atelier, mon showroom, il fallait donc personnaliser les lieux ». Si elle s’essaye d’abord à la confection de meubles en bois, elle se rend vite compte de l’ampleur de la tâche pour une novice. Elle découvre alors qu’il est possible de fabriquer du mobilier en carton et décide de prendre des cours. Un savoir-faire qu’elle partage aujourd’hui via des ateliers ouverts au public.

Art durable…

Pour donner vie à ses créations, Véronique Valier récupère des palettes, des cartons ou encore de la pâte de verre principalement chez des carrossiers. « Les matériaux recyclés permettent de réaliser des choses avec ce que l’on a sous la main sans être obligé de faire des achats en magasin. » Sous ses doigts de fée, l’art revêt une dimension environnementale, puisque « cela réduit les déchets », comme elle l’explique. Son plus grand fait d’armes ? Métamorphoser les rouleaux de papier toilette, destinés à la poubelle, en de jolis tableaux. C’est ce que l’on appelle l’upcycling. Une démarche qui séduit également le public. L'artiste en est sûre, aujourd’hui, les personnes savent « qu’elles ont un rôle à jouer à leur échelle ». Véronique ne se contente donc pas de leur apprendre à fabriquer des objets. Pour répondre à leurs attentes, mais aussi par convictions personnelles, elle inscrit ses ateliers dans « une démarche de sensibilisation autour des déchets et du développement durable ».

« Durable », un mot lourd de sens pour la créatrice. « J’ai des meubles en carton qui datent de 2009. L’avantage, c’est qu’on peut les faire évoluer au gré de nos envies. » De plus, « la réparation est immédiate. » Si une porte se casse, inutile d’en acheter une nouvelle. « On ajoute une rustine, un peu de papier et de la colle et ça ne se voit plus ». C’est donc également une autre façon de consommer que propose Véronique aux personnes qui participent à ses ateliers. Le but ? « Les faire réfléchir et les inciter à aller chez des artisans locaux plutôt que dans des grosses entreprises de mobilier ». Un art citoyen qu’elle espère rendre le plus respectueux de la planète possible, dès lors qu’elle aura trouvé une colle écologique.

… et accomplissement de soi

Au-dela de leur engagement environnemental, ce qui séduit dans les ateliers de Véronique, c’est la possibilité de fabriquer un objet entièrement de ses mains. « La plupart des personnes arrivent en me disant qu’elles ne sont pas très manuelles. Pourtant, quelques heures plus tard, elles repartent avec une création volumineuse qu’elles peuvent placer dans leur salon ». Tous les participants sont « fiers d’avoir fait quelque chose pour la planète et pour eux ». Sans compter que leur objet, qu’il s’agisse d’une commode ou d’une petite boîte, est « unique ». Créatif, ludique, gratifiant mais aussi responsable, l’art de Véronique Valier a bon sur toute la ligne !